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FICHE TECHNIQUE

FILM JAPONAIS

Réalisation
:
Takashi Miike

Genres :
Drame
Horreur
Mystère

Sortie française :
6 mars 2002

Casting :
Ryo Ishibashi
Eihi Shiina
Tetsu Sawaki
Jun Kunimura
Renji Ishibashi
Miyuki Matsuda
Toshie Negishi
Ren Osugi
Shigeru Saiki
Ken Mitsuishi
AUDITION | Critique acupunctrice
AUDITION | Critique acupunctrice
AUDITION | Critique acupunctrice
SYNOPSIS

Aoyama est producteur de films. Sa femme est décédée il y a sept ans, mais il vit toujours sa disparition avec difficulté. Un jour, il décide de se remarier et organise une audition pour une série télévisée fictive afin de trouver sa nouvelle compagne parmi les candidates. La dernière à se présenter, Yamazaki Asami, est une jeune femme d'une troublante beauté. Aoyama en tombe instantanément amoureux. Il la rappelle et dîne en tête à tête avec elle. Quelques jours plus tard, Aoyama lui téléphone à nouveau. Yamazaki est chez elle, prostrée dans l'obscurité. Elle est seule ou presque. Commence alors pour Aoyama une plongée vertigineuse dans un enfer sanglant, dont les retombées seront excessivement douloureuses...

CRITIQUE

Réalisateur parmi les plus connus du cinéma japonais, Takashi Miike se distingue par sa capacité de travail colossale, sa créativité dingue et son goût pour la controverse. Avec plus d'une soixantaine de long-métrages à son actif (auxquels il faudrait rajouter ses réalisations pour la télévision et les direct-to-video), ce fou filmant, comme il est surnommé, est capable de s'attaquer à tous les genres, avec un goût prononcé néanmoins pour la provocation. Malgré une filmographie forcément inégale, le style de Miike reste suffisamment marquant pour ne pas laisser le spectateur indifférent.

Et Audition ne fait pas exception à la règle. Précédé d'une réputation d'ovni et d'œuvre choc, Audition est, en 2002, le premier film de Takashi Miike a sortir sur les écrans français. C'est ce même film qui assurera à son réalisateur une reconnaissance au niveau international.

Dans Audition nous suivons Shigeharu Aoyama, producteur de films, qui vit toujours avec difficulté la disparition de sa femme, décédée sept ans plus tôt de ce qu'on imagine être un cancer. Le trouvant vieilli et terne, Shigehiko, son fils maintenant devenu adolescent, l'incite à se remarier. Shigeharu va alors suivre le - très mauvais - conseil de son collègue et ami Yasuhisa, à savoir organiser une audition pour une série télévisée fictive, afin d'y dénicher sa future moitié. Parmi les candidates, une jeune femme du nom de Yamazaki Asami attire Shigeharu. Séduit par sa troublante beauté et par l'étonnante maturité se dégageant de sa lettre de candidature, Shigeharu voit ses sentiments amoureux confirmés lors du passage d'Asami à la fameuse audition.

La première partie du long-métrage a ainsi tout d'une véritable romance. Shigeharu rappelle Asami et dîne en tête à tête avec elle. Empruntés dans leur relation comme dans leur vie en général, ils vont peu à peu apprendre à se connaître et à s'apprivoiser. Miike s'autorise même un soupçon de comédie lors du casting, avec quelques candidates un peu décalées. Si le réalisateur prend le temps d'installer une ambiance calme, sereine presque contemplative, c'est pour mieux la pervertir par la suite. Quelques indices nous aurons mis toutefois la puce à l'oreille. Quand par exemple Yasuhisa, pourtant à l'origine du faux casting, confie à Shigeharu sa méfiance à l'égard d'Asami. Cette dernière le mettant mal à l'aise, sans vraiment trop savoir pourquoi. Autre indice, et non des moindres, cette fameuse scène où Asami attend dans son appartement près du téléphone, prostrée dans l'obscurité. Seule. Ou presque.

Tout bascule lors d'une scène des plus oniriques où Shigeharu et Asami se retrouvent au bord de la mer le temps d'un week-end. Le récit se désagrège, les rencontres sont revisitées et le passé d'Asami, comme certains errements extra-conjugaux de Shigeharu, sont dévoilés à coup de flashbacks et d'hallucinations. Commence alors pour Shigeharu une véritable descente en enfer. De manipulateur, il finit par se retrouver dans la position du manipulé. Elle cherche un amour parfait, lui ne cherche en fait qu'un substitut à sa défunte épouse et deviendra victime de ses propres turpitudes, et plus généralement du peu de place accordé aux femmes de la société nippone. Immobilisé comme le personnage de Shigeharu dans le film, le spectateur ne peut qu'assister, impuissant, aux souffrances qui lui sont infligées, pris entre compassion et une certaine compréhension envers les agissements d'Asami.

Révélation du mystère entourant Asami, culpabilité de Shigeharu pour avoir abuser de son pouvoir, impossibilité de faire son deuil ou bien tout simplement pure fantasme de sa part, le climax d'Audition possède plusieurs niveaux de lecture. Il se révèle de plus suffisamment insoutenable pour marquer les esprits, contrastant en cela avec l'étonnante sobriété de l'heure précédente. Le film n'a pas volé sa réputation et si vous souhaitez vous plonger dans la filmographie de Takashi Miike, Audition peut en être une excellente porte d'entrée.

NDA : article publié initialement le 1er janvier 2008. Mis à jour le 4 octobre 2020.


AVIS
4.0

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Commenter cet article

neil 05/01/2008 11:15

Ah oui énorme ce Miike ! Le mélange des genre dans le film est particulièrement réussi. Même si je lui préfère peut-être aussi un Gozu, complêtement barré, j'adore.

columboy 03/01/2008 16:46

Ah ouais, un gros sac... p'tain j'ai des frissons rien que d'y repenser...

MO5K@U 04/01/2008 02:25

Attention, derrière toi !! Mouarffffffff...

Gally 03/01/2008 14:38

Punaise , ce film m'a tellement remuée que j'ai jamais pu le revoir ..J'avais réussi a ne pas etre spoliée quand a la fin , je savais juste qu'il se passait un truc dément ...Pendant TOUT le film il y a une montée en puissance du stress chez le spectateur parce qu'on sait qu'elle ne tourne pas rond la demoiselle , on le sait qu'il y a un truc qui pas cool qui va arriver au " héros " , on s'attend a une " banale castration" ou a une scéne pouacre ..Ouais ben la vieille dame blasée que je suis a détourné les yeux a la fin , j'en POUVAIS plus qu'elle arrête avec ses kilikilikili T_TLe probléme c'est que quand elle a arrêté de faire kilikili ben elle a sorti la corde a piano et la ben j'ai fermé les yeux T_T Génial ce film :p  L'autre jour j'parlais avec ma voisinne , je crois qu'elle n'a pas compris pourquoi j'ai écarquillé les yeux en faisant beurk quand elle m'a dit qu'elle faisait de l'acuponcture -_-

MO5K@U 03/01/2008 14:54

Le pire c'est pas les "kilikilikili", c'est ce petit sourire qu'elle a quand elle s'apprète à faire une saleté... Et oui, je m'y prendrais à deux fois avant de faire une séance d'acupuncture, lol... On ne ne sait jamais...

samom 03/01/2008 10:48

merci de la précisionje sus impardonable sur ce coup là

columboy 02/01/2008 23:33

Samon, juste pour préciser, ce n'est pas Takashi Miike qui a réalisé le segment La Nouvelle Cuisine de 3 Extrêmes, c'est Fruit Chan... Sinon, pour revenir à Audition, c'est un des rares films que j'ai fini de regarder sans le son, juste avec les sous-titres... mais avant ça... une scène quand même... sans doute le plus grand sursaut de toute ma vie de cinéphage... une personne en premier plan... et en arrière plan une grosse malle... qui d'un coup se soulève avec un vieux bruit venant de l'intérieur... j'en ai encore des frissons... Mais moi ce que je préfère chez Miike, c'est quand il est dans l'action... et là ça donne des OFNI comme la trilogie Dead or Alive ou encore Gozu... du pur délire à voir à tout prix !

MO5K@U 03/01/2008 14:51

Dans la scène à laquelle tu fais référence, c'est un sac qu'on voit, pas une malle, et qui bouge tout d'un coup, ça fait bien flipper...

samom 02/01/2008 13:23

quand je vois ce nom de takashi miike, je ne peux pas m'empécher de penser à "3 extrèmes" et spécialement "à la nouvelle cuisine" qui m'a vraiment dégouté. Pourtant je ne suis pas spécialement sensible au ciné, mais là j'ai faillit ger.....Bonne journée moskau

MO5K@U 02/01/2008 14:09

Takashi Miike est plutôt trash comme réalisayeur. Si tu as l'estomac fragile, ne regarde pas celui-là alors, parce que la dernière demi-heure assez gore.