Partager l'article ! LA COUVEUSE: Je te connais. Je sais tout de toi. Je lis en toi comme dans un livre. Je sais à quoi tu penses. Je sais à quoi tu ...
Je te connais.
Je sais tout de toi.
Je lis en toi comme dans un livre.
Je sais à quoi tu penses.
Je sais à quoi tu rêves.
Je sais pourquoi tu pleures.
Je sais à qui est la langue qui se mêle à la tienne.
Aussi loin que tu fuiras, le monde ne suffira pas.
Je suis l'hydre.
Ferme la porte, je serai là.
Ferme les fenêtres, je serai là.
Crêve-toi les tympans, je serai là.
Couds-toi les paupières, je serai là.
Derrière une photo.
Derrière un vêtement.
Derrière une odeur.
Derrière un prénom.
Quand tu te couches, appeuré par le jour à venir.
Quand tu te lèves, fatigué d'avoir à respirer.
Sans répit, je lâche mes chiens de l'enfer.
Ta tête est mon terrain de chasse.
Partout autour de toi, des murs qui suintent, des murs qui respirent.
Des milliers de mes mains.
Des milliers de mes dents.
Ce dévoreur d'âme...c'est de toi qu'il est né.
Tu essaies de te frayer un chemin à travers toute cette merde.
Sortir de l'abattoir.
Sortir de la couveuse où grandit le mal.
Tu essaies d'oublier.
Mais tout te revient.
Bien réel.
Un drôle de songe, fait de chair et de sang.
Rien à quoi te raccrocher.
Pas même un dieu à prier.
Tu restes condamné à errer, seul, dans de froids couloirs.
Les froids couloirs de ta mémoire.