Comic publié en 1989
Récit : Grant MORRISON
Illustrations : Dave Mc KEAN

Résumé :

Un premier avril, le Joker somme Batman de se rendre à l'asile d'Arkham. Les pensionnaires ont pris le contrôle et menacent de tuer le personnel si l'homme chauve-souris n'obéit pas...

Arkham Asylum

Les criminels. Les criminels engendrent la terreur. Coeurs de la nuit. Je dois masquer ma terreur. Les criminels sont lâches. Un terrible présage superstitieux. Un tas de lâches. Mon déguisement doit susciter la terreur. Je dois être noir. Terrible. Les criminels le sont. Les criminels sont superstitieux. Une bande de lâches. Je serai créature. Je serai une créature de la nuit. Papa est mort. Maman est morte. Brucie est mort. Je deviendrai chauve-souris.

Critique :
 
Une descente à l'asile d'Arkham qui s'apparente à une descente aux enfers. L'occasion pour l'homme chauve-souris de retrouver ses plus vieux ennemis, à savoir Clayface, le Chapelier fou, Double-Face et bien sûr un Joker complètement cinglé dont il semble plus proche que jamais, rongé comme lui par ses névroses. Dans cette aventure, Batman se retrouve face à lui même et à sa déraison, sans doute un mal bien plus redoutable à combattre que tous les criminels qu'il a pu enfermer dans ces lieux. Les murs de l'asile semblent d'ailleurs exercer sur le héros une influence étrange. Au fil du récit, le Joker pousse Batman dans les recoins sombres du bâtiment, et par là même dans les recoins sombres de son esprit, cette culpabilité qu'il traine depuis la mort de ses parents et de sa mère en particulier. Le Joker en devient en quelque sorte le psychiatre, et comble de l'ironie lui fait même subir le test de Rorschach. L'Asile d'Arkham nécessite de nombreuses lectures pour livrer toutes ses richesse, ce qui n'en fait pas un comic facile d'accès. L'oeuvre est en effet ultra-complexe, parsemée de références psychanalytiques, une sorte d'Alice aux pays des merveilles version trash (on retrouve d'ailleurs une citation de l'oeuvre de Carroll au début du Comic). Visuellement, le travail de Mc Kean est remarquable. Son dessin est torturé, formé de collages de photos et de dessins en noir et blanc, d'écritures d'écorchés vifs et de visions de cauchemars. Une date dans l'histoire du Comics tout simplement. Un chef-d'oeuvre.

★★★★★

Mais je ne veux pas aller parmi les fous, dit Alice.
Oh, tu n'as pas le choix, dit le chat. Nous sommes tous fous ici : je suis fou, tu es folle.
Qui vous a dit que je suis folle ?
Si tu n'étais pas folle, tu ne serais pas venue ici.

L'ASILE D'ARKHAM
L'ASILE D'ARKHAM
L'ASILE D'ARKHAM
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