Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /Fév /2008 00:01

Publié dans : BILLETS D'HUMEUR
Je m'extirpe du lit aux environs de 14h00 en me demandant s'il est de bon ton d'ingurgiter un bol de lait-céréales ou une plâtrée de pâtes-bolognaise.
 
Encore un attentat en Irak.
Le nez sur mon écran, je m'envoie un paquet de Pringles goût paprika (accompagné de sa sauce mexicaine), rassuré de voir qu'au fond les désastres n'arrivent qu'aux autres. J'ai coupé le son, mais je dévine les cris d'éffroi. Un père tient le cadavre de son fils entre ses bras. Je synthétise en urgence des hormones de la compassion.
Mais le spectacle m'ennuie rapidement. Manque de rythme. Manque de chorégraphie.
  
Je décide de mettre le nez dehors et de prendre un peu de hauteur.
Direction la butte Montmartre.

Le ciel est d'un bleu immaculé.
Accoudé à la balustrade située en contre-bas du Sacrée-Coeur, je domine toute la ville.
Je laisse ma pensée vaquer. Je la vois partir dans une mauvaise direction et n'arrive bientôt plus à la retenir. Une insondable tristesse s'empare alors de moi.
Le monde sent le soufre.
Je reste là à me demander où tout ça va bien pouvoir nous mener.
Une bouffée d'air pour Papa.
Une bouffée d'air pour Maman.
Même le fait de respirer commence à devenir une corvée.
Plus grand chose à aimer.
Trop fatigué pour haïr.
Mon sens du second-degré a toutes les peines du monde à me consoler.
Mon garde-fou est en train de me lâcher.
  
Le soleil mange déjà l'horizon.
Je me sens vide.
Desséché.
En cette fin de sinistre journée, je me rends compte que ma transformation est sur le point de s'achever.
Encore quelques années ou quelques mois, et je deviendrai un putain d'enfoiré de cynique.

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